/!\ Warning /!\

Avant toute chose, dans un mode d'emploi, il y a une ou deux pages d'avertissement. Si vous avez déjà vu un tel manuel en posséder plus de deux, posez-vous des questions sur votre sécurité.


/!\ Avertissement /!\ - Danger d'attaque
Lorsqu'on la néglige trop, Mélina peu souffrir d'un manque d'attention et, dans le pire des cas, devenir violente en essayant qu'on la remarque. Notons ici les:
* Coups de poings
* Coups de pieds
* Gifles
* Claques derrière la tête
* Menaces de mort (qui ne seront jamais mises à exécution)
* Penchant pour tout ce qui est morbide, sanglant et glauque
* Etc.


/!\ Avertissement /!\ - Blessures
Jusqu'à maintenant, aucune blessure grave n'a été déclarée, mais quelques plaintes rapportent des ecchymoses et des douleurs.

Pour diminuer les possibilités d'une attaque, il suffit de lui dire clairement que cela fait mal et elle fera son possible pour s'arrêter. Si la période durant laquelle Mélina était en mode Frappe tout ce qui bouge à durée trop longtemps, il risque qu'elle perde plus difficilement ses mauvaises habitudes. Aussi est-il normal s'il lui faut un temps pour s'adapter et se corriger. Ne surtout pas l'énerver pendant cette période d'effort, sous peine de se faire frapper plus fort que d'habitude.



Je vous rassure tout de suite, je ne suis pas couramment comme ça... Sauf peut-être ce dernier moi d'octobre, mais... Passons, je suis présentement en train de m'améliorer pour ce point. La preuve, je n'ai plus frappé Lelouis et Charly depuis, heu... depuis lundi je crois. Défense de rire, trois jours à s'abstenir, c'est énorme pour moi, une fois l'habitude encrée!

Donc, comme je disais, je ne suis pas couramment comme ça. Juste quand je n'ai absolument rien trouvé de mieux à faire pour montrer mon existence, et que je suis trop garçon manqué pour prendre les gens dans mes bras pour témoigner mon affection. Et ayant plus d'amis gars que d'amies filles, s'aurait été très louche que je le fasse...

Bref, maintenant que vous êtes au courant du danger potentiel que je suis, passons au reste du mode d'emploi.
/!\ Warning /!\

# Posté le mercredi 14 novembre 2007 18:37

Boîtes et étiquettes

Après l'avertissement, on trouve parfois l'énumération des pièces. Par exemple, pour un meuble, le nombre de vis, les planches, le manuel d'assemblage, etc. Alors voici ce qui serait marqué si je serais livrée dans une grosse boîte en carton, avec marqué Fragile sur les six côtés.


Contient :
Un mode d'emploi (tout nouveau cette année)
Une adolescente de quatorze ans (quinze ans le 11 décembre 2007) répondant du nom de Mélina. Cheveux bruns et bouclés, yeux bleu.
Mesures
Hauteur : environ un mètre et soixante centimètres
Poids : ... Je ne sais plus, mais je suis une plume.
Tour de poitrine : ... Ça ne vous concerne pas, gang d'obsédés! Si vous voulez savoir, appelez la compagnie de fabrication!


/!\ Attention /!\ (Et oui, un autre) – État de la marchandise
En plus de porte un appareil dentaire, nous signalons ici quelques défauts que peut avoir la marchandise et que la compagnie n'a malheureusement pas pu corriger, tel que :
* Une légère scoliose (colonne vertébrale légèrement en forme de S)

* Une acné faible au visage (c'est la vie, on ne peut pas passer outre)
* Les ongles rongés (un tic dont je n'arrive malheureusement pas à me débarrasser)
Outre ces petites imperfections, Mélina est en bonne santé, mais nous prévenons tout de même quelques rhumes vers l'automne et de très fréquentes insomnies tout au long de l'année.


Et puis ce n'est pas tout, il y a aussi les étiquettes.

À laver à la main, à l'eau chaude, avec un savon doux, tous les jours.
Laver les cheveux au shampoing aux deux jours.
Se nettoie d'elle-même

(pour le premier pervers qui tente de me laver, je lui conseille de revoir l'article /!\ Warning /!\)
Made in Canada / Fabriquée au Canada

# Posté le jeudi 15 novembre 2007 10:52

Le vrai but de ce blog

Autant le dire tout de suite : ce mode d'emploi n'est pas fait pour rire. Je crois que seuls les deux premiers articles seront drôles. Je n'ai jamais été douée pour exprimer ma vraie nature, j'ai toujours tout gardé en moi. Jusqu'à céder sous le poids et mettre mes problèmes à l'écrit. Mais voilà, bien que cela allège mon fardeaux, ce n'est toujours pas suffisant. Je veux que mes amis sachent enfin ce qui me tourmente. Je sais qu'ils s'inquiètent, et je ne leur en dis jamais assez pour qu'ils comprennent vraiment. Voilà pourquoi j'ai fait pour eux ce mode d'emploi. Et pour les inconnus qui sont tombés par hasard sur ce blog, peut-être que vous vous reconnaîtrez dans ces pages. En espérant que le fait de ne vous savoir plus seuls au monde vous apportera un peu plus de chaleur.
Le vrai but de ce blog

# Posté le dimanche 18 novembre 2007 09:56

L'école primaire (1)

L'école primaire (1)
L'imagination. Mon cadeau empoisonné et l'une des seules choses qui me fait tenir le coup. J'ai toujours été une fille débordante d'imagination. Un peu trop même. Et ce doit bien être ça qui m'a causé le plus de problèmes étant enfant. À cet âge, je ne faisais pas encore la différence entre le vrai et la fiction. Mes rêves devenaient dans ma tête la réalité, mes jeux et histoires se transformaient en vérité... Ce fut mon calvaire une fois mon entrée à l'école. Cette chère école qu'est Victor-Côté. Là où j'ai passé les cinq pires années de ma jeune existence. Car non seulement mon surplus d'imagination me jouait des tours, mais je l'affichais. Innocente, naïve, je parlais à mes amis de ces créatures d'un autre monde, de ces lieux lointains fictifs, et j'affirmais qu'ils existaient réellement. En maternel, cela passa sans trop de mal, quand on a cinq ou six ans. Ce n'est qu'une fois en première année que l'enfer a commencé.

Il fut un temps où l'on mettait des fiches d'avertissements sous formes de bonhommes sourires. Si à la fin de la semaine tu avais un bonhomme vert, c'était signe que tu avais été sage. Un bonhomme jaune disait de faire attention, et un bonhomme rouge... Enfin vous comprenez la logique, faut pas être Einstein. Mais voilà que moi, qui avait toujours était une jeune fille dépourvue de mauvaises intensions, je me retrouvais sans cesse avec des visages rouges sur ma fiche. Pourquoi? Tout simplement parce que mon professeur me reprochait de mentir sans cesse à elle et aux élèves, d'inventer n'importe quoi pour attirer l'attention. Quelle injustice. Comme si j'avais fait exprès. Tout ça simplement parce que je n'avais pas encore fait la différence entre le monde dans ma tête et le monde réel.

Un second problème m'arriva en première année, toujours à cause de mon imagination. Alors que moi, j'étais encore aux prises avec mes histoires de créatures fantastique et de territoires inexplorés, tous mes amis avaient appris, eux, à distinguer le rêve du vrai. Je devais être la seule qui n'avait pas encore « évolué mentalement ». Commença alors ce qui me poursuivi jusqu'en deuxième secondaire : l'intimidation. J'étais devenue la proie d'élèves moqueur, rejetée par les autres. Tout s'écroulait autour de moi. C'est à ce moment là que mon imagination est devenue le poids qui me traînait vers le fond de l'eau, mais aussi ma bouée de sauvetage.

Aux récréations, plutôt que d'aller jouer avec les autres, j'allais aux balançoires. Jeune, je nourrissais le rêve de voler comme un oiseau, c'était la raison pourquoi j'aimais autant me balancer. Je fermais les yeux et m'imaginais planer au-dessus de l'école, loin de moqueries blessantes des autres. Quand les balançoires étaient prises, je m'en allais au font de la cours, là où il n'y avait presque personne. Alors je marchais comme une âme errante, plongée dans ma tête, où je m'imaginais toutes sortes d'histoires plus abracadabrantes les unes que les autres. Je n'avais pas sept ans que je vivais déjà dans la solitude. Aucun enfant de cet âge ne devrait connaître ça aussi jeune. Mais en ce temps, je ne m'en souciais pas. Je vivais heureuse avec mes amis imaginaires, qui n'étaient jamais méchants, jamais cruels comme les autres. Mes aventures étaient toujours triomphales et j'en tirais grande satisfaction. C'est aussi pendant mes errances sur le terrain de jeu que je développai mon goût de sauver la planète. J'apportais des sacs plastiques et ramassais toutes les cochonneries qui jonchaient le sol. Une autre chose qui m'attira les railleries de mes amis. En ce temps, les pensées écologiques ne couraient pas les rues.

C'est ainsi que j'ai vécu jusqu'en quatrième année. Incapable de comprendre que l'imaginaire et le réel ne faisaient que deux. À cinq ans, ça passe. Mais à dix ans... De plus, à cet âge, les jeunes filles commençaient déjà à être prise dans le cercle vicieux de la mode. Ils les prennent de plus en plus jeunes, c'est navrant. J'étais dans les rares que cela n'intéressait pas. Quelle différence entre un T-shirt et un autre? Cela m'était totalement égal. Mais pour cette raison, les petits garçons ne voulaient pas sortir avec moi et les filles ne voulaient pas m'avoir dans leur cercle d'amies. Je suis resté seule. Heureusement, passé la première année, les autres professeurs étaient beaucoup plus tolérants vis-à-vis mon « problème ». Il ni en avait qu'un que j'étais incapable de supporter : Guy, le prof d'éducation physique. Je le haïssais, surtout que je n'ai jamais été une fille très sportive. Bref, les cours au gymnase étaient une vraie torture, et il était courant que je me sauve en pleurant pour me réfugier dans les vestiaires.

J'étais une enfant incomprise. Bien vite, ma détresse se transforma en colère. Je traitais de nom ceux qui me l'avaient fait si longtemps, je les frappais, je leur jetais tous ce qui me tombait sous la main : souliers, pierres... J'étais devenue une véritable furie, rendant aux autres la haine qu'ils m'avaient toujours manifesté. Bientôt, je n'étais plus qu'un amas de colère et de tristesse. Mon nouveau caractère, si différent de la petite Mélina ouverte aux autres et heureuse d'avant, m'attira d'autres problèmes. On me mettait en punition parce que j'avais fait mal à mes « camarades ». Et eux ne recevaient aucune sanction car c'était moi la dernière qui avait frappé, mais c'était toujours eux qui avaient commencés. Le monde était injuste.

# Posté le dimanche 18 novembre 2007 11:08

École primaire (2)

Il y a pleins d'autres choses que je me rappelle de cette école. Une directrice au caractère de pitbull enragé, par exemple, comme si ça pouvait aider mon cas déjà catastrophique. Et aussi, des souvenirs honteux que ma mémoire refuse d'effacer, de gestes ou paroles que j'ai fait et qui n'ont fait qu'empirer mes problèmes. À croire que j'ai toujours eu un don pour m'attirer le malheur. Je me rappelle aussi toutes ces fois où, prise de désespoir, j'ai dit que je voulais me suicider. Imaginer une gamine de dix ans dire ça. C'est le spectacle le plus désolant qui puisse exister. Une petite fille qui a toute la vie devant soit et qui souhaite déjà la mort, alors qu'elle devrait avoir encore cette âme innocente qu'on tous les enfants. Le mal était fait, une déchirure avait mis mon c½ur en pièce. Une blessure qu'aucun baume ne pouvait cicatriser.

Ça me fait penser à cette histoire du garçon qui, à chaque fois qu'il faisait du mal à quelqu'un, plantait un clou dans une barrière en bois. Et chaque fois qu'il faisait du bien, il retirait un clou. Quand enfin il eu fini d'enlever tout les clous, la barrière était percée de multiples trous. Et bien on peut dire que la barrière, c'est mon c½ur, et chaque parole blessante, les clous. Même avec le temps, j'ai de la difficulté à pardonner à ceux qui m'ont déjà fait du mal.

Pour en revenir à ce que je disais tout à l'heure, je disais que je voulais me suicider à l'âge de dix ans. Mais évidement, à cet âge, j'avais bien trop peur de passer à l'acte. Mais le fait d'y avoir juste pensé montre à quel point j'étais déjà, aussi jeune, enfoncée profondément dans le désespoir et la tristesse. Le coup final a été la première fois que j'ai fuguée.

C'était en quatrième année, toujours dix ans. Je n'oublierais jamais cette récréation. J'étais encore une fois plongée dans mes pensées, à marcher sans but dans la cours. C'est alors qu'est arrivé Marc-André Trembley. Mon bourreau numéro un. Encore aujourd'hui, je lui réserve une animosité profonde. Donc, lors de cette fameuse récréation, je l'ai croisé. Je ne me rappelle pas exactement ce qui c'est passé, mais il a sûrement dû me sortir une vacherie pour me mettre dans mon état Frappe tout ce qui bouge. J'ai entré dans ma zone rage et je lui ai jeté des pierres avant de lui sauter dessus. Je n'ai jamais été très forte. Il m'a maîtrisé avec une facilité dégradante, une simple clef de bras qui m'a aussitôt fait monté les larmes aux yeux. La cloche a sonné, il m'a lâché et est parti en classe comme si de rien n'était.

À l'école, dès que quelque chose allait mal, je ne le disais pas aux profs. De un, j'avais peur qu'on me traite de rapporteuse. De deux, ils ne comprenaient jamais rien et c'est moi qui finalement me retrouvais punie. Alors plutôt que d'aller les voir, je m'isolais et allais pleurer dans un coin. La plupart du temps, c'était les toilettes, où les vestiaires en éducation physique. Parfois les couloirs quand j'étais sûr que personne ne passerait. À la garderie scolaire, je me rappelle même m'avoir fait un havre sous une table, à l'ombre, où j'avais empilé quelques matelas pour le confort. Mais là, après ce qui c'était passé à la récré, toutes ces cachettes ne me paraissaient pas assez bien. Cette bataille avait été la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Je me suis enfuie de l'école.

Par chance, mon père avait son entrepôt à même pas une rue de l'école. J'y suis allé. Quand il m'a vu entré en pleurant, alors que je devais être en classe, il a fait ce que tout père devait faire : il m'a consolé puis m'a rapporté à l'école. L'année suivante, j'ai demandé de changer d'école. Je ne voulais plus rien savoir de Victor-Côté.

# Posté le dimanche 18 novembre 2007 19:29